Les protestations nationales qui ont commencé hier et les centaines de gens dans les rues de plusieurs villes bulgares venus dire « Non aux OGM en Bulgarie ! » ont poussé le gouvernement à écouter les revendications des citoyens. Reste à voir si il s’agit d’une vraie volonté politique ou au contraire- d’un conformisme politique ou un effet PR.
Durant un rendez-vous mercredi avec des représentants du groupe d’initiative des mères bulgares, le Premier ministre Borissov a affirmé que les seules modifications de la loi existante seraient celles demandées par l’UE. Il a également promis d’appuyer notre demande d’introduire des propositions d’amendement à la loi. Suite à ce rendez-vous, nos revendications furent envoyées à Mr Alexiev (du parti GERB), Président adjoint de la Commission de l’Environnement et des Eaux (CEE), qui a assuré que celles-ci seraient portées à l’attention de tous les députés de la Commission et discutées lors de sa session de jeudi. Nous avons constaté avec regret que pendant cette session les députés n’ont pas eu accès à ce document et celui-ci ne fut pas discuté.
Voici néanmoins quelques résultats positifs obtenus directement grâce à l’appui des citoyens (Nous souhaitons exprimer notre admiration et gratitude envers toutes les personnes qui, d’une manière active et persistante, n’ont pas hésité pour défendre leur position de citoyens, malgré la pluie abondante) :
1. Mr Alexiev a déclaré à la télévision nationale, pendant les informations après la session, que le parti GERB s’engage à initier un débat dans l’UE concernant les OGM. Nous espérons que la position bulgare dans ce débat sera en faveur des restrictions de la diffusion d’OGM. Ceci pourrait être une chance pour notre pays d’alterner son image actuelle de « république bananière » dans laquelle on peut voter des lois qui transforment le pays en une zone d’expérimentations au profit de l’UE et des Etats-Unis. Par contre, il n’est toujours pas clair quelle est la vraie position de GERB dont les députés ont voté contre le texte de la proposition hier, lors de la session de la CEE. Le texte oblige le Conseil des Ministres à introduire une demande auprès de l’UE pour autoriser des interdictions nationales des OGM.
2. Les dirigeants ont de nouveau affirmé leur accord avec la position de la société civile, à savoir que voter une loi pour ensuite établir un moratoire dessus est une idée absurde et inefficace. GERB a signalé vouloir imposer une « restriction sur la production de OGM sur le territoire du pays pour une durée de 5 ans, pendant lesquelles on va travailler sur une loi restrictive et efficace ». La différence n’est pas grande mais reste néanmoins importante. En tenant compte des déclarations publiques, nous souhaitons voir la réalisation de ces démarches. Les positions prises durant la session du CEE du 12 février laisse entrevoir un décalage entre les promesses données dans l’espace publique et le travail sur le texte de la loi.
Entre-temps, nous continuons la démarche pour faire introduire dans le projet de loi nos propositions basées sur des bonnes pratiques Européennes.
Les points sur lesquelles nous rencontrons de la résistance (surtout de la part de Mme Evdokia Maneva), sont les suivants :
1. Les zones de transition – 30 km autour des zones de Natura 2000, 5 à 10 km autour des ruchers, et 10 à 15 autour des zones de production de graines.
2. Etiquetage obligatoire pour les produits contenant plus de 0,1 % d’OGM.
3. La production et la plantation d’OGM devraient être obligatoirement accompagnées d’un accord écrit des parcelles adjacentes et des propriétaires qui ont donné leur terre à bail.
4. L’utilisation de l’hybride МОН810 en Bulgarie devrait être interdite.
5. Les autorisations pour introduction d’OGM sur le marché devraient à nouveau faire partie de la Loi sur les procédures de débat publique.
6. Garantir un processus objectif de la prise de décision au sein du Conseil des OGM auprès du Ministère de l’Environnement, en incluant parmi ses membres des représentants d’organisations agricoles, écologiques, organisations des consommateurs et des patients.
Nous exprimons notre souhait que tous les partis représentés au Parlement comprennent la responsabilité qu’implique la prise de décision actuelle, qu’ils mettent de côté les différents politiques, puisqu’il s’agit d’un sujet d’importance nationale. Nous les invitons à prendre responsabilité, à voter ouvertement sur chaque article de la loi. Sans abstentions !
Traduction: Margarita Savova